Nos techniques de production
Les articles suivants s'adressent à celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur nos techniques de production et les réalités agricoles suisses. Nous tentons de vulgariser l'info autant que possible.
La reconversion au bio était une évidence pour nous, et notre inscription à Bio Suisse aussi.
En quoi le Bio Suisse (Bio Bourgeon, qui est une marque déposée) est-il différent du bio "de base", celui de l'ordonnance fédérale? Il a son propre cahier des charges, plus complet, que vous pouvez consulter à cette adresse.
Les fermes bio suisses faisant de l'élevage ne sont pas dans l'obligation d'acheter de la paille bio pour la litière de leurs animaux. Au vu des nombreux traitements effectués dans les céréales conventionnelles, nous avons décidé d'acheter bio, malgré le surcoût important, pour le bien-être de nos animaux (qui aiment machouiller la paille de la litière aussi, surtout les veaux et velles), la nôtre, et la qualité de notre fumier que nous utilisons comme principal engrais sur la ferme.
La reconversion au Bio dure deux ans, durant lesquels tout doit être entièrement produit conformément aux directives bio. Les coûts de production sont les mêmes que par la suite, les prix sont donc similaires.
En 2028, si tout va bien, nous serons certifiés Bio Suisse!
L'élevage
Notre troupeau est constitué actuellement de 36 vaches mères de race limousine, et de leurs veaux/velles.
Une vache a environ un veau/une velle par année (après 9 mois de gestation), dont elle s'occupe jusqu'à ce qu'il soit sevré (environ 9 mois aussi). Parmi les velles, nous gardons chaque année quelques futures génisses que nous élevons pour prendre la relève du troupeau lorsque les plus vieilles partent. Nos veaux sont vendus en Naturabeef ou en vente directe vers 10 mois. Pour l'instant, pas de taureau sur la ferme, nous pratiquons l'insémination artificielle. Pas d'écornage chez nous, mais pas de cornes non plus; nous inséminons avec des taureaux PP, c'est-à-dire qu'ils n'ont naturellement pas de cornes, soit grâce à la sélection génétique (comme chez la race Limousine), soit parce que la race elle-même n'est pas porteuse de cornes (comme les Angus et les Galloway).
Nos vaches mangent les fourrages produits sur la ferme (foin, regain, silo). Les veaux reçoivent des céréales en supplément. Nous leur servons un menu diversifié et adapté à leurs besoins, avec une petite friandise de temps à autre. Dans l'avenir nous aimerions produire sur la ferme les compléments pour les veaux.
En hiver, les bêtes sont à l'écurie, avec accès permanent à la SRPA (zone extérieure non couverte), ce qui leur permet de profiter de l'extérieur, soleil, pluie ou neige, selon leur bon vouloir. Les vaches couchent sur logettes avec lit de petite paille, et les jeunes en couches profondes.
Durant la belle saison (mai-novembre), tout le monde part estiver, sur nos champs ou au pâturage communal, à la recherche de goûtus brins d'herbe.
Les vaches vêlent toute l'année, l'hiver à l'écurie dans un box dédié, comme l'été au pâturage.
Notre plus vieille vache, Normande, a 14 ans. Tous nos animaux ont des noms.
Les légumes
Le climat de montagne n'est pas celui qui produit des légumes précocément dans la saison, c'est un fait. Nos cultures seront ainsi calées sur ce qui est possible ici, et la patience pour les déguster sera nous l'espérons proportionnelle à leur goût! Hehe.
Les légumes d'été, comme les tomates, poivrons, aubergines, piments, demandent, peu importe l'altitude, le coup de pouce d'une serre ou d'un mur bien chaud pour se développer au mieux.
Actuellement, nous avons 1 tunnel maraîcher, dont la première moitié est dédiée à la confection des plantons, et la deuxième aux cultures d'été.
Nous achetons nos semences chez Sativa Rheinau principalement, dont beaucoup de variétés Pro Specie Rara (variétés dites anciennes). Notre terreau pour les semis et plantons vient de Ricoter. Nous aimerions produire nos propres plantons (la majorité) et en vendre. Actuellement, nous sommes en train de démarrer la pépinière, faire nos premiers tests, et achetons donc les plantons ailleurs pour l'instant.
Sur nos platebandes, nous utilisons le fumier de nos vaches, que nous compostons au champs, ainsi que le compost bio d'une commune voisine. Sur une partie des parcelles, nous n'avons travaillé le sol qu'en surface (pas de charrue), après occultation, pour défaire la prairie.
Pour irriguer, nous cherchons une solution pour ne pas utiliser l'eau du réseau (ou pas uniquement). En installant un système de récupération d'eau de pluie? Nous pratiquons des techniques pour conserver l'eau dans le sol (paillages, matière organique, peu de travail du sol).
Nous choisissons
- d'utiliser des techniques culturales pour renforcer l'immunité et la résilience des plantes
- de favoriser les auxiliaires naturels en leur créant un milieu favorable ou
- d'utiliser des auxiliaires élevés si les naturels ne sont pas présents (si vous êtes curieux, en voici)
- et n'utilisons qu'en cas critique des produits autorisés en bio (ex. attaque massive de pucerons).
En principe, le seul traitement que nous effectuons est l'utilisation de l'anti-limaces bio, faute d'avoir trouvé de moyens assez efficaces pour protéger nos cultures contre cette gourmande bestiole (qui est par ailleurs très utile dans les processus de décomposition).
Pour info:
En agriculture biologique, il existe des produits phytosanitaires qui sont autorisés. Bio ne veut pas dire sans produits phytos, contrairement à ce que l'on pense. Mais contrairement aux produits conventionnels, les produits bio ne sont pas de synthèse - ils se basent sur des molécules actives naturelles, qui se dégradent rapidement (=moins de rémanence et de pollution); ce qui n'empêche pas leur efficacité, et une non-sélectivité qui peut poser problème. (ex. je veux tuer mes pucerons, mais je tue les coccinelles avec).
Si vous voyez des bâches noires dans les platebandes, elles sont là pour occulter (étouffer ce qui est en-dessous pour éviter ou minimiser le travail du sol) ou pour le desherbage d'une culture sensible.
Notre objectif: créer un petit ecosystème fonctionnel.
Les ressources
Celles dont on ne peut se passer, et d'où elles proviennent:
- Les engrais: le fumier de la ferme, la compostière d'à côté, AndermattBioControl
- Les semences: Sativa Rheinau, Schweizer
- Le terreau pour les plantons: Ricoter
- La litière des animaux: c'est de la paille bio d'origine suisse
- Les concentrés / les céréales pour les veaux: Moulin de Vicques, peut-être de la ferme bientôt
- Les minéraux pour le bétail: Landi, Salines Suisses
- Le carburant: pour les tracteurs, petites machines, le motoculteur, nos véhicules...
- L'eau: du réseau, de la pluie
- L'électricité: du réseau
pour ne citer que celles-ci.